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ANGÉLIQUE ALLAIN, poète

« Elle est cette brune d'Agen, qui après vingt années, est partie pour la capitale avant la Normandie et prévoit de s'enfuir encore ailleurs ; c'est un oiseau migrateur qu'Angélique, se nourrissant de l'espace où elle vit, et si la nourriture du terroir est belle, son chant se développe. (…) Elle pose en « Je », sur les multiples, les sentiments pensant en force dans un futur antique le naufrage définitif, naufrage qu'elle repousse avec les mots, et surtout avec les mots d'amour, fuyant comme moi un passé où cendres ont laissé peu de mirages, elle, contrairement à moi, pose ses traits de cendres sur des feuilles d'or, cela masque la lumière direz-vous, or c'est l'effet inverse, elle maquille l'or avec ses mots, déposant la cendre grain à grain, masquant les irrégularités de l'or, arrangeant le vide entre les atomes, définissant un réel qui la pose en famille, qui la pose en couple, qui la pose en citoyenne, qui la pose en femme, en fille, en manque comme en plein, et cela sans plainte autre que le chant de l'oiseau qui parerait ses plumes de mots.

Le monde lui convient-il ? Est-il autre que celui de son enfance ? Non rien ne change, toujours la violence des mots qu'on prend sans le vouloir. Le monde d'Angélique est pur mais trouble, ambivalent car humain et exalté, rien ne sort, rien ne disparait, tout se reproduit, tout revient, la seule chose qui peut changer c'est la dose d'amour qui vient de soi, d'elle, il n'y a que ça qui peut dorer un peu une réalité tant grise.

Tous ses textes sont vifs, oui pleins de cette vie qu'elle possède en propre, plein de cet amour pour les siens, et pour l'humain. Tous ses mots sont intuitivement vrais, accentuant le trait de quelques éléments fondamentaux du monde. Il y a de la relation dans la narration, tout se relie car tout, donne envie de relire.

Que poser encore dans cette préface que l'envie et le désir, l'envie d'en savoir plus ? J'attendrai avec intérêt (…) le désir, celui de la voir vivre en poésie encore longtemps, car le temps bonifie toujours les bonnes choses, et j'ai hâte d'en voir encore plus. (…) »

Extrait préface de Patrick Duquoc dit Pant « Des ires de femme » Mille Poètes 2007.
Paru aux même éditions : « Arrête-toi un instant » 2006.

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